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Povoa de Varzim (Portugal) à Madère

Départ de Povoa de Varzim le mardi 5 juin ou je quitte à regret mon pot patron du restaurant « O Cais » en face de la marina qui se désespérait de la victoire de l’Allemagne sur le Portugal à l’Euro et dont le vin « Real Lavrador » est un nectar !
L’équipage est au complet: moi, Willy, Manu et Yves.

Les prévisions météo ne sont pas au rendez-vous: vent sud-ouest (2% de chance sur l’année !!). Le temps est maussade et nous commençons les premiers bords de près. Le vent croit dans la nuit, les premiers quarts de nuit se déroulent sans problème (on avait donné nos préférences avant: couche tôt, lève tôt…et on fait des quarts de 3h00 de 21h00 à 9h le matin). Le matin arrive, gris, pluvieux; nous avons parcouru peu de mille (une vingtaine). La mer se creuse un peu et les nausées aussi ! Le matin du 6 juin, le vent est toujours au sud ouest et nous sommes au niveau d’Aveiro ! Nous débutons un long bord de près vers le large et commençons notre valse avec les cargos venant du rail de Lisbonne. C’est un bord quasiment « carré » et c’est pas ce qui va nous faire avancer ! En soirée, virement de bord pour du tribord amure « plus porteur », on se rapproche à nouveau du Portugal…mais sans encore atteindre la latitude de Peniche. J’essaye de faire un point météo avec un téléphone satellite Iridium 9575 fraichement acheté et testé encore la veille du départ, mais le mode modem est inopérant (l’appareil retournera en SAV dès mon arrivée à Toulouse et reviendra échangé…Grrrrr !!). La bonne nouvelle c’est que dans la nuit du 7, le vent tourne à l’ouest ! Il était temps, je regardais du coté de Peniche pour faire escale; mais le rappel des casiers et de Manu qui voyait son avion de retour de Madère s’éloigner m’ont permis de tenir bon.

Le 7 le temps se dégage et nous sommes au largue tribord amure faisant un cap quasi direct sur Madère avec 15 nœuds de vent. Nous esquivons les derniers cargos du rail portugais.

Pendant 36-48h nous n’aurons parcouru que 35 milles en louvoyant.

La vitesse s’accroit et nous faisons défiler les milles. Le vent passe au nord-ouest. Le vendredi 8 est une belle journée, avec des conditions météo top ! Nous en profitons pour tester l’hydro-générateur Aquagen 4 pour recharger les batteries. Je regardais les « cocottes » produites par la torsion du câble quand j’aperçus au bout de l’hélice un masse sombre. On releva fissa le dispositif qui était, en fait, suivi par un petit Orc qui devait vouloir apprendre à se laver les dents. Le papa ou la maman était à distance en surveillance. Je n’ai pas osé ressortir le dispositif de pêche au gros ! Plus tard nous croiserons un ban de dauphins nettement plus sympa!


Povoa_Madere par malastreg
Les samedi et dimanche seront les journées « Spi »; l’asymétrique est de sortie et fait la joie du petit Willy qui va le faire chauffer !

Le samedi 9 juin nous sommes à hauteur de Gibraltar en milieu de journée. Le vent de 10-15 nœuds est toujours au nord ouest; le ciel se couvre par instant. Le dimanche 10 juin nous effectuons en début d’après midi un premier bord de « reaching » qui va nous permettre de retrouver une ligne directe pour Madère.
Le dimanche matin, nous apercevons les premières cotes escarpées: Madère ou Porto Santo ? Le temps est gris et la visibilité est réduite. Il s’agit en fait de Porto Santo. Nous passons au sud de l’ile sans nous arrêter, en bénéficiant de sa protection pour prendre un petit déjeuner sympa. Le vent fraichit à nouveau et nous devons composer avec un péchou (on était plus habitué !). La marina de Quinta do Lorde est à l’extrême est de l’ile de Madère. J’essaye la VHF (dans tout type de langue dont l’Esperanto…) sans succès. On nous attend, en fait, en Zodiac à l’entrée du Port.

Et voilà, nous aurons parcouru 850 milles en 6 jours.

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